Guinée : permettre aux jeunes d’innover et d’entreprendre

« J’ai toujours voulu être indépendante et créer mon entreprise », confie Mariama, une des laureates du concours du meilleur plan d’Affaires.

Photo: Mamadou Bah, World Bank

LES POINTS MARQUANTS

Comme dans le reste de l’Afrique, l’insertion socioéconomique des jeunes est une préoccupation essentielle en Guinée.

Le gouvernement guinéen tente notamment de relever ce défi à travers un projet de renforcement des compétences et d’aide à la création d’entreprise.

Plus de 20 000 jeunes guinéens devraient bénéficier de ce projet, dont 18 000 en formation initiale et plus de 2 800 diplômés sans emploi.

CONAKRY, 10 janvier 2019— Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique est de loin le continent le plus jeune au monde et ce chiffre devrait doubler d’ici 2045. La Guinée n’est pas en reste, avec 70 % de ses 13 millions d’habitants qui ont moins de 35 ans. Dès lors, se pose la question des opportunités économiques offertes à ces jeunes qui sont chaque année de plus en plus nombreux à entrer sur le marché de l’emploi. On estime que plus de 60 % des jeunes diplômés guinéens sont au chômage. Cela tient souvent à l’inadéquation entre leurs compétences et les attentes des employeurs.

Être innovant et saisir les opportunités

Des défis que certains d’entre eux, comme Mariama et Mohamed, déterminés et pleins d’idées innovantes en tête, ont choisi de contourner en se tournant vers l’entrepreneuriat, afin de créer eux-mêmes l’emploi de leurs rêves. « J’ai toujours voulu être indépendante et créer mon entreprise », confie Mariama qui, à 24 ans, souhaite créer une plateforme en ligne et une application mobile d’achat et de dépannage de produits électroménagers, mettant directement en relation les clients avec les techniciens. « J’ai pensé à ce projet parce qu’aujourd’hui en Guinée, il n’existe aucun outil pour mettre en relation les vendeurs, les techniciens et les clients », explique-t-elle. « Les recommandations se font de bouche à oreille et les gens doivent systématiquement se déplacer pour effectuer le moindre achat. »

Mohamed projette de son côté de se lancer dans l’élevage d’abeilles pour fabriquer du miel et des produits dérivés, en installant des ruches modernes dans la préfecture de Kindia. « Il y a un potentiel énorme mais pour l’instant il n’est pas exploité », affirme ce jeune homme de 25 ans. « En 2017, la Guinée n’a officiellement exporté que 227 kg de miel. Je me suis inspiré des exemples de la Chine, du Venezuela et du Mexique qui sont de très grands exportateurs de miel. »

Mariama et Mohamed font partie des 100 lauréats du concours du meilleur plan d’affaires organisé par le Projet booster les compétences pour l’employabilité des jeunes (BoCEJ), mis en œuvre par le ministère de la Jeunesse. Financé à hauteur de 20 millions de dollars par la Banque mondiale, le projet a pour objectif d’améliorer les débouchés professionnels et l’employabilité des jeunes à travers des programmes de renforcement ou d’acquisition de compétences ciblées dans les secteurs les plus porteurs, tels que l’agriculture, la santé et l’énergie.

Mohamed projette de se lancer dans l’élevage d’abeilles pour fabriquer du miel et des produits dérivés, en installant des ruches modernes dans la préfecture de Kindia.

Photo: Mamadou Bah, World Bank

Un accompagnement sur mesure

Organisé en trois étapes, le concours a tout d’abord offert une formation gratuite en entrepreneuriat à 100 jeunes bénéficiaires porteurs de projets innovants. À l’issue de cette formation, les 25 meilleurs d’entre eux ont pu enchaîner sur une formation intensive de huit semaines pour les aider à améliorer leurs projets et à élaborer un plan d’affaires. Un jury de neuf membres parmi lesquels des chefs d’entreprises, entrepreneurs, et banquiers, a ensuite sélectionné les dix projets, les plus innovants, qui vont bénéficier de l’accompagnement technique d’un incubateur pendant 12 mois.

Parmi les modules les plus appréciés, un coaching personnalisé de chefs d’entreprises, avec à la clé des conseils pour mieux comprendre les opportunités et défis liés au secteur privé en Guinée. « Cette formation m’a permis d’acquérir concrètement des compétences techniques pour devenir entrepreneur », constate Mohammed. « J’espère être en mesure de produire autant, voire plus de miel que les apiculteurs des autres pays de la sous-région d’ici trois ans ! Avec beaucoup de persévérance et de travail, on peut réussir à se mettre à son compte et se prendre en charge. »

Par ailleurs, afin de garantir la qualité de l’offre de formations des établissements du supérieur, le projet a également permis de créer une agence nationale d’assurance qualité qui veille sur la qualité des programmes dans les universités et a financé 15 institutions de formation et d’enseignement supérieur, à hauteur de 5,4 millions de dollars.

« Le Projet BoCEJ vise entre autres à améliorer l’efficacité des programmes de formation au niveau des universités et écoles professionnelles et à fournir des opportunités professionnelles aux jeunes diplômés demandeurs d’emploi, en renforçant leurs compétences, par le biais de formation, de stages, d’emplois ou d’aide personnalisée à la création d’entreprise », souligne Assane Dieng, spécialiste du secteur de l’éducation à la Banque mondiale. « La Banque mondiale investit beaucoup dans le capital humain et nous travaillons sans relâche pour accompagner la Guinée à relever les défis de l’emploi de sa jeunesse. »

Au total, plus de 20 000 jeunes devraient bénéficier de ce projet, dont 18 000 en formation initiale (professionnelle et universitaire) et plus de 2 800 diplômés sans emploi.

Source : banquemondiale.org

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